Centrafrique /Football :  CAN des cadets : la défaite des « Fauves » de Centrafrique était prévisible (11/12/06)

(Extrait : Jean-Luc Désiré Sayénga,  Journal  « LE DEMOCRATE » n° 1383 du 11/12/06 )

 

L’aventure des « Fauves » cadets de Centrafrique a pris fin samedi 09 décembre 2006 dernier au Stade de 20.000 places, stoppés nets dans leur marche vers la qualification, par les « Panthéreaux » du Gabon. Donnés pourtant favoris par certains, les cadets ont énormément déçu. 

Dans le nouveau Stade de 20.000 places : le Ministre Centrafricain des Sports, M. Désiré N’ZANGA-KOLINGBA serre la main du meilleur butteur des fauves cadets M. Hilaire MOMI.

M. Thierry KAMACH, Président de la Fédération Centrafricaine de Football (Derrière le Ministre des Sports)

 

Samedi 9 décembre 2006, 15h, un stade de 20.000 places plein comme un œuf, deux formations cadettes se battent, avec comme enjeu la qualification pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations, prévue en Mars 2007 prochain à Lomé au Togo.

 

Les spectateurs Banguissois se sont massivement déplacés, car ils ne doutaient pas un seul instant de la victoire des Fauves sur les Gabonais.

 

Du point de vue de la participation, on peut valablement dire, que le stade de 20.000 places a plus que dépassé son plein !

 

Mais ce que nous avons tous oublié, c’est que le décor était planté dès le retour du match d’Oyen, pour une élimination de nos jeunes cadets. La défaite de ces derniers était donc prévisible. Beaucoup de choses ont ainsi préparé cette défaite.

 

D’abord, l’impréparation. Quand on sait qu’au lendemain de la défaite de l’équipe Gabonais au match aller, le Président Gabonais a vite fait d’envoyer les « Pantéreaux » en stage bloqué à Nantes en France. De même le rappel de tous les cadets Gabonais évoluant dans divers championnat à travers le monde a été fait. Résultat : les jeunes Gabonais ont obtenu leur qualification devant un public banguissois médusé.

 

Ensuite, il y a cette sorte de malédiction qui a plané sur les jeunes Fauves. En effet, on se souviendra aisément qu’au moment de leur retour triomphal après la rencontre gagnée de Oyen, certains compatriotes ont cru bon devoir, pour manifester leur joie, défiler à côté du cortège des Fauves, en petite tenue. Ces hommes et femmes, seins au vent qui avaient escorté les jeunes fauves les auraient-ils maudits ?

 

On pourrait être tenté de donner raison à ceux qui ont ainsi pensé, car nous sommes en Afrique et surtout que nous sommes tous imbus de la culture religieuse à plus d’un titre. Et les écritures saintes nous enseignent que le corps, surtout féminin, n’est pas à exhiber nu, devant le public et de surcroît devant des bambins de l’âge des Fauves cadets du Bas Oubangui.

 

Cela a d’autant joué que les attaquants centrafricains ont eu onze (11) occasions de marquer, ils ont été six (6) fois en corps à corps avec le gardien de but Gabonais, sans faire remuer ses filets. Soit, ils envoyaient le ballon dans le décor, soit, ils l’envoyaient directement dans ses bras.

 

Enfin, l’opinion publique Centrafricaine apprend ébahie, qu’à quelques heures seulement, précisément la veille de la rencontre, les jeunes Fauves ont été amenés à une kermesse. Conséquence, ces jeunes gens découvert et ingurgité des sachets entiers de « Mégore »,  de  « Pastis » et autres liqueurs.

 

Conséquence d’un tel acte, les Fauves cadets dormaient tous debout durant la rencontre, incapables de gérer le score d’un but et pire, prenant un 2è but à trois (3) minutes de la fin du match ! Ils étaient mêmes plus lourds qu’à l’accoutumée. Ils ont désagréablement surpris, car nous n’avons pas reconnus les Fauves que nous avons vus la veille, sereins, hyper motivés.

 

Ajoutée à toutes ces circonstances, la mal préparation des jeunes cadets. Nul n’ignore que le football est désormais une affaire de gros sous. Le Président Gabonais l’a compris et y a mis le paquet.

 

Chez nous, il a fallu installer des « cartons » dans des coins de rue pour appeler l’aumône des passants afin de préparer une équipe nationale, arrivée à ce niveau de la compétition ! Quelques personnalités du pays ont versé des sommes, somme toute modique, autour des quelles toute une publicité inutile a été faite. Tout cela pour ce résultat !

 

Le seul résultat quelque peu positif qu’on a récolté, si les gens pouvaient jouer franc jeu, c’est la satisfaction d’avoir pu constater que le stade de 20.000 places n’était plus en mesure de contenir le public sportif centrafricain lors de grandes rencontres de ce genre, synonyme d’entrée de recettes conséquentes. Même si on a pu déplorer de nombreux cas d’étouffement. D’ailleurs, plus de 4.000 personnes, munies de leur billet d’entrée, sont rentrées chez elles sans avoir pu entrer dans le stade.

 

Ce que les Centrafricains regretteront à jamais, c’est d’avoir laissé échapper leur qualification pour une première participation à une coupe africaine de football. Ce sera très difficile à refaire lors de la prochaine édition en 2009, étant entendu qu’à ce moment là, les actuels cadets seraient devenus des seniors.  Quel dommage !

 

En fin de compte, au-delà de cette défaite somme toute prévisible, soyons fair-play, acceptons cette « défaite constructive », car les jeunes gabonais n’ont pas démérité. Soyons franc : ils ont dominé le match du début à la fin, et mérite bien cette qualification qu’ils n’ont pas du tout volée.

 

(Extrait : Jean-Luc Désiré Sayénga,  Journal  « LE DEMOCRATE » n° 1383 du 11/12/06 )